Être ou ne pas être soumis ? Est-ce vraiment la question ?

J’ai lu récemment que, dès leur première rencontre, les animaux établissaient une hiérarchie entre eux. Hiérarchie qui restait gravé dans leur mémoire et qui était respectée lors des prochaines rencontres. Les dominés acceptent leur soumission, ils ne se révoltent pas. Ou moins. Il y a moins d’agression, moins de conflit. La soumission serait nécessaire à une certaine régulation sociale.

Allez, je l’avoue, j’ai lu ça dans un livre de développement personnel, « Fais-toi confiance » d’Isabelle Filliozat. J’ai acheté ce livre car j’ai un problème de taille : je suis le prototype de la fille qui fuit la confrontation. Petite, je choisissais toujours le rôle de la servante. Quand je m’habillais seule, selon mes goûts, ma mère m’envoyait me changer. J’étais tellement sage que mon prof m’a donné comme devoir de faire des bêtises en classe. Pas très glorieux tout ça.

Alors, en lisant cette théorie, en appréhendant cette nouvelle façon d’envisager les choses, les hommes ne seraient pas si différent des animaux, et le manque de confiance en soi serait une adaptation biopsychophysiologicosociale, c’est à dire une « adaptation physiologique à une situation sociale avec des conséquences psychologiques, en vue de maintenir la vie », je me suis dit « Vouaw, pas bête… ».

Sauf que… En pensant aux vaches qui peuplent nos montagnes valaisannes… Chaque année, elles se battent pour renouveler la hiérarchie sur l’alpage. Alors cette hiérarchie, elle n’est pas figée pour la vie. Il n’y a qu’à voir le printemps arabe ! Ou considérer que, finalement, je peux mettre ce qui me plaît, et avec beaucoup de persévérance, j’arrive maintenant à faire plier ma mère à mes choix.

Comme c’est bon de penser que la révolte est possible. Mais avant celle-ci, force est de contester qu’avant de remettre en cause l’autorité, on s’y soumet volontiers et que, finalement, on est une espèce facilement manipulable.  Bien sur le but premier, maintenir la vie, est louable. Pour ce faire, on se soumet à son patron pour conserver son travail et avoir de quoi se nourrir et survivre. Seulement, si on calcule ce qu’il nous serait vraiment nécessaire à notre survie, et si on considère les dépenses accessoires qui nous sont présentées comme indispensables (le home cinéma, le dernier téléphone portable, le deuxième téléviseur dans la chambre, le renouvellement de sa garde-robe chaque printemps et chaque automne), biens qui survivent 2 ans et qui doivent ensuite être remplacés, on se rend compte qu’on s’est laissé prendre dans une spirale infernale. Quand on voit où ça nous mène, ce qu’on est prêt à accepter pour ça, je me dis qu’un peu de sens critique et de jugeote, ce ne serait pas un mal. Et plus j’y pense et plus je me demande : existe-t-il un seul homme libre sur terre ? Cette espèce a-t-elle déjà existé ? Si oui, elle doit être en voie de disparition.

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