Rumi et les pleurs sur le télésiège..

Un vendredi matin du mois de février, j’ai quitté mon bureau et remis la veste du prof de ski pour donner un coup de main au jardin des neiges de la petite station de ski de mon enfance.

A la fin de la matinée, un petit garçon m’a dit avec tellement de gentillesse et de spontanéité qu’il me décernait la médaille d’or, non, il me décernait plutôt la coupe du monde de ski ! Ces paroles étaient plus belles que n’importe quel trophée…

J’ai ensuite profité de l’après-midi pour faire quelques pistes et c’est là, sur le télésiège, que j’ai éclaté en sanglot. J’imaginais Hugo, ce petit amas de cellules mort dans mon ventre… Il aurait eu 2 ans cette année. On l’aurait certainement mis sur les skis cet hiver, sur des petites patinettes en plastique rouge. On l’aurait tellement emmitouflé qu’il aurait eu l’air d’un bonhomme michelin et après 30 minutes il aurait été épuisé… Et l’année prochaine, on l’aurait mis au jardin des neiges et une prof de ski lui aurait appris à se relever tout seul et il lui aurait décerné une médaille.

Toutes ces choses qui auraient pu être mais qui ne sont pas… J’ai quitté les pistes et je suis rentrée. Et après, je ne sais plus ce que j’ai fait. Certainement que j’ai allumé la télé pour m’abrutir un peu et essayer d’oublier.

Je pensais avoir fait le deuil. Par faire le deuil, je comprenais oublier, effacer définitivement. Mais maintenant, je sais que cette perte fait simplement partie de moi. Qu’une parole, un regard fera ressurgir cette douleur. Et qu’il ne sert à rien d’essayer de la cacher à tout prix. J’aimerai juste pouvoir l’accueillir avec douceur telle qu’elle est…

La maison d’hôtes

Être humain, c’est être une maison d’hôtes.
Tous les matins arrive un nouvel invité.

Une joie, une dépression, une mesquinerie
Une prise de conscience momentanée vient
Comme un visiteur inattendu.

Accueillez-les tous et prenez-en soin !
Même s’ils sont une foule de douleurs,
Qui balaient violemment votre maison,
Et la vident de tous ses meubles.

Traitez chaque invité honorablement.
Peut-être vient-il faire de la place en vous
Pour de nouvelles joies.

Les pensées sombres, la honte, la méchanceté,
Allez à leur rencontre sur le pas de la porte, en riant,
Et invitez-les à entrer.

Soyez reconnaissant pour tous ceux qui viennent,
Parce que chacun a été envoyé
Comme un guide venu d’ailleurs.

Rumi (d’après Barks et Moyne)

 

3 thoughts on “Rumi et les pleurs sur le télésiège..

  1. Je me retrouve dans tes mots. Ils me touchent profondément, On oublie jamais, ça devient avec le temps une douleur sourde, ça fait partit de toi pour toujours. Il n’y a que toi pour la comprendre et la vivre de cette façon la. Tu l’accepteras avec douceur un jour, avec le temps, avec la vie… Je te souhaite beaucoup de courage.

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