Est-ce que je ne vis pas dans une dictature ?

J’habite en Suisse, et mon pays est considéré comme le plus démocratique en Europe. Oui, nous avons notre mot à dire sur beaucoup de choses, sur l’interdiction des minarets, la vitesse maximale à l’intérieur des localités, le marché de l’électricité, l’internement des délinquants dangereux, la libéralisation du chanvre, l’interdiction d’exporter du matériel de guerre, l’institution d’un avocat en faveur de la protection des animaux, « 6 semaines de vacances pour tous » etc. etc.

Alors pourquoi, ce soir, en rentrant de ma journée de travail, sur mon vélo, à la nuit tombante, cette question a surgi tout d’un coup dans ma tête : « mais est-ce que je ne vis pas dans une dictature ? »

Bon, il faudrait un dictateur. Et, officiellement, la Suisse n’est pas gouvernée par un dictateur. Pour savoir comment est gouvernée la Suisse, c’est retour par .

Par contre, j’ai un dictateur interne, oh, il me gouverne avec une main de fer. Je dois tout faire pour être aimée des autres et en même temps me protéger contre la menace potentiel qu’ils représentent. C’est affreusement épuisant, surhumain, ma survie jusqu’à ce jour relève de l’exploit !

Je me suis pourtant rebellée contre ce tyran et contre la société toute entière, non, je ne succomberai pas au « un bébé à tout prix » ! Je le proclame même devant mes amies (moi qui souvent ne proclame rien, c’est dire !), « non, je ne veux pas devoir faire un bébé ! »

Bien sur que j’aimerai un petit bout de chou tout chou… Mais il n’arrive pas ! N’ai-je pas le droit à encore quelques années d’insouciance ? Juste une, voir deux ?

Même mon gynéco a tenté de me faire entendre raison. Rendez-vous pour mon contrôle annuel. Pendant que je me rhabille, il consulte mon dossier, il voit alors que j’ai fait une fausse couche il y a trois ans, que j’ai fais des tests l’année passée qui n’avaient rien montrés d’anormal. De nouveau habillée, nous faisons face. « Et ce désir d’enfant » me demande-t-il. Il poursuit en me proposant ses « services » (stimulations hormonales, fiv)  avec une voix sèche et sans pitié. « La biologie joue contre vous, Madame. » Et de m’expliquer qu’en mettant 400.- de côté par mois, nous pourrions nous payer une fiv…

Mais j’ai pris ma décision, je reste dans la rébellion ! Oui, j’ai envie d’un bébé, non, je ne suis pas un poulet !

Et surtout, mes plus sincères pensées et mes vœux de réussite à toutes ces femmes incroyablement fortes qui osent le chemin de la PMA…

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6 thoughts on “Est-ce que je ne vis pas dans une dictature ?

  1. Oh que non, tu n’es pas un poulet… et oui t’as le droit de vouloir sans pouvoir… et de pouvoir sans vouloir… ce chemin est le tien moi je dis… et il est beau et unique… voilà c’que j’en pense.

  2. Un témoignage très touchant. Un désir de bébé est personne et ne doit être dicté par personne d’autre que soit même. Merci pour cet article. 🙂

    1. Oui, très important de s’écouter… parfois, avec tout le bruit de monde autour, notre petite voix à l’intérieur a parfois de la peine à se faire entendre. Et une fois qu’elle a réussi, encore faut-il lui faire confiance… Mais elle a toujours raison…

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