L’effondrement

J’aimerai tellement m’effondrer…

Cette idée me poursuit depuis que j’ai appris que JM s’est jeté dans le Rhône (il s’en est tiré, l’inspectrice m’a dit qu’il ne comprenait pas pourquoi il n’avait pas coulé !).

Tout quitter – Ne plus avoir à faire face – Ne plus me donner tant de mal à porter tout ça pour que les autres ne souffrent pas trop – Renoncer à me lever le matin – M’effondrer dans un lit d’hôpital.

Mais je n’y arrive pas. Alors je ferme les yeux et j’imagine.

Un pan entier de montage glisse majestueusement dans les premières secondes, puis se désagrège dans un fracas sourd. La poussière vole en nuages au-dessus du sol. Le temps se suspend, les blocs dévalent la montagne, des arbres sont arrachés. Mais il n’y a personne sur les chemins pédestres. Après l’effondrement, un peu de poussière vole encore, on voit la face de la montagne déchirée et nue à l’endroit de la niche d’arrachement, peu à peu on devine l’amas chaotique de blocs au pied de la vallée. Quelque chose a irrémédiablement changé. Quelque chose contre lequel on ne pouvait pas lutter.

Oui, ce serait ça, mon effondrement. Lâcher, me détacher. Ma vie prendrait une nouvelle forme, elle n’aurait plus à tenir coûte que coûte à cette montagne, à lutter contre l’érosion, à lutter contre le temps, à lutter pour maintenir l’illusion que tout va bien. Je serais toujours là mais sans tous ces efforts éreintants pour consolider ce pan de montagne qui devait, quelque soit les sécurisations entreprises, forcément tomber un jour ou l’autre.

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